Son bébé , la chair de sa chair. Elle serait tendrement contre elle son petit corps chaud et frêle.
A cet instant rien ne pouvait plus leurs arriver.
La jeune mère fredonnait une berceuse profitant de cet instant si parfait tant qu'il pourrait lui être donné de le faire. Dire que ce bébé l'avait effrayée, dire qu'elle voulait s'en débarrasser. Sa frayeur avait été si vive quand elle avait apprit qu'elle était enceinte, a 17 ans et d'un garçon qu'elle ne recroiserait sûrement jamais. Mais son horreur n'était rien comparé a celle de ces parents. Elle devait selon eux se faire enlevé cet enfant. Lorsqu'elle avait demandé effrontément « et sinon ? « Sa mère avait pris un tel air qu'elle en était menaçante. Elle avait répondu d'une voix glaciale :
_ Sinon tu sors de cette maison et tu n'y remet plus les pieds.
Elle avait été si choquée d'entendre ça de sa mère. Si terrifiée aussi, soit elle se faisait arraché son bébé de ces entrailles soit elle était reniée de ces parents.
Sous la peur la première solution s'était imposée. OU plutôt s'était faite imposée. Mais elle ne pouvait pas se résoudre à avorter. Il était donc convenu que son enfant serait, une fois l'accouchement passé, adopté par une famille qui pourrait répondre aux besoins son enfant.
Mais, à cet instant, sa progéniture dans ces bras, elle se rendait compte que le premier besoin que l'on avait à cet âge était de l'amour.
L'amour, c'était la seule chose qu'elle pouvait lui offrir.
Les minutes défilaient sans qu'elle s'en aperçu. D'ailleurs il lui semblait que le temps s'était arrêté. Elle caressait tendrement son visage si doux et rose.
Son petit c½ur battait sur le même rythme que le sien. Elle pensait que la terre n'avait jamais rien fait de plus beau. Mais ce moment de bonheur a l'état pure allait d'une seconde a l'autre être gâché. D'ici quelques instants, la magie allait être brisé et elle ne serait plus qu'une fille sombre, vide de toute émotions. Elle ferait à jamais le deuil de son enfant jamais connu.
La douleur de l'accouchement passé, n'était rien comparé a celle de songer a cela.
Elle avait demandé avant que son bébé, sa fille plus exactement , se fasse prendre par de parfaits étrangers a ce qu'elle passe un moment avec elle.
Lentement, sa fille dans les bras, elle se leva et observa a travers le carreau de sa chambre qui donné sur le couloir, les futurs parents de son enfant.
C'était un vieux couple à l'apparence vieille et figée. Il ne souriait pas a l'idée d'être très bientôt parents.
La femme avait noué ces cheveux en un chignon vulgaire. Ces habits gris et parfaitement repassé ne semblait pas adapté a ce jour si spécial. Mais ce n'était pas cela qui choqua le plus la jeune femme, c'était son air renfrogné et stricte.
Son mari avait les cheveux (du moins ce qu'il en restait) grisonnants. Avec son costar cravate il semblait tout droit sorti d'un meeting présidentiel.
Les deux ensembles faisaient peur.
Alors c'était eux qui allaient élever sa fille ? Ces monstres sans vie et sans amour ? Non.
La réponse s'était imposé d'elle-même d'en l'esprit de la jeune mère.
C'était cela ou être seul ? Tant pis pour sa famille. Si ils n'étaient pas prêt a accepté son enfant alors c'est elle aussi qu'ils n'acceptaient plus. ET puis désormais elle avait sa fille.
Elle observa sa chambre ivoire une idée bien concrète derrière la tête.
Elle se dirigea vers son armoire, prenant ces vêtements a la hâte, enveloppa son bébé dans les vêtements qu'elle était censé offrir aux parents de sa fille et ouvrit la fenêtre de sa chambre d'hôpital.
Avec des gestes précautionneux et marcha jusqu'au bord de la fenêtre, sa fille dans les bras.
Elle fit une bise a son enfant et dans un élan, sauta dans le vide...
A suivre ..
